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Cette communication s’attachera à analyser les différences entre la provocation et la subversion. Si ces deux termes sont souvent utilisés comme des synonymes, ils incarnent en réalité « deux mondes de valeur » (Heinich, 2004, 166). Alors que le préfixe sub révèle une action qui avance masquée, pro indique une volonté d’exhibitionnisme et une dynamique de la surenchère. Ainsi, la subversion n’est pas nécessairement provocante et la provocation pas nécessairement subversive. Nous observerons ces deux logiques à travers l’étude d’artistes contemporaines : Cindy Sherman et Wangechi Mutu. Les photographies de Cindy Sherman empruntent la stratégie du marketing, créent un choc visuel qui s’évanouit très rapidement. La provocation se renverse alors en nouvelle norme. Les collages de Wangechi Mutu comportent à l’inverse différentes de strates de signification qui interpellent, troublent, rendent le regard actif et créateur. N’y aurait-il pas une érotique subversive de la provocation qui mettrait à mal nos habitudes de pensée et de regard sans jamais violer l’ultime limite ?